Les pharmacies ne sont pas juste des endroits où on récupère ses ordonnances
Vous passez peut-être chaque mois à la pharmacie pour votre traitement contre l’hypertension, votre diabète ou vos anticoagulants. Mais avez-vous déjà demandé à votre pharmacien de vous expliquer pourquoi vous prenez chaque comprimé, ou s’il y a un risque que ces médicaments interagissent entre eux ? La plupart des gens non. Et pourtant, c’est là que réside l’un des outils les plus sous-utilisés pour éviter les erreurs médicamenteuses : la consultation en pharmacie.
Qu’est-ce qu’une consultation en pharmacie ?
Ce n’est pas une simple discussion rapide en caisse. Une consultation de sécurité médicamenteuse, aussi appelée Gestion de la Thérapie Médicamenteuse (MTM), est un rendez-vous structuré avec votre pharmacien, généralement de 15 à 30 minutes. Il passe en revue tous vos médicaments - prescrits, en vente libre, vitamines, compléments - pour détecter les doublons, les interactions dangereuses, les doses inadaptées ou les traitements inutiles. Il vérifie aussi si vous les prenez bien, et si vous comprenez vraiment à quoi ils servent.
En France, ce service est encore peu connu, mais aux États-Unis, 97 % des pharmacies communautaires le proposent. En 2023, les pharmaciens y ont réalisé en moyenne 12,7 consultations par jour. Chaque fois, ils ont identifié des risques que les médecins n’avaient pas vus - souvent parce qu’ils ne connaissent pas tous les médicaments que le patient prend en parallèle.
Comment ça protège votre santé ?
Les erreurs médicamenteuses sont la troisième cause de décès aux États-Unis, derrière les maladies cardiaques et le cancer. En France, les données sont moins précises, mais les hospitalisations liées aux effets indésirables des médicaments sont en hausse. La bonne nouvelle ? La plupart de ces erreurs sont évitables.
Un pharmacien peut repérer :
- Une interaction entre votre aspirine et votre anticoagulant qui augmente le risque de saignement
- Un traitement en double : deux médicaments pour la même chose, prescrits par deux médecins différents
- Une dose trop élevée d’insuline chez un patient diabétique, comme dans un cas documenté dans un centre de soins vétérinaires américain - un risque de coma hypoglycémique évité de justesse
- Un médicament inefficace ou obsolète que vous prenez depuis des années sans raison
Une étude de 2023 a montré que les interventions des pharmaciens ont évité 87 % des événements indésirables graves. Et ce n’est pas une exception : dans les centres de soins de santé publique, chaque consultation a permis d’éviter en moyenne 1 250 $ de coûts liés à des hospitalisations évitables.
Qui peut en bénéficier ?
Si vous prenez cinq médicaments ou plus par jour, ou si vous avez au moins deux maladies chroniques (diabète, hypertension, asthme, dépression, etc.), vous êtes un candidat idéal. Les personnes âgées, celles qui consultent plusieurs médecins, ou celles qui changent souvent de traitement sont particulièrement à risque.
En France, ce service n’est pas encore remboursé systématiquement, mais il l’est dans certains régimes complémentaires ou dans les programmes de santé publique. Aux États-Unis, Medicare Part D couvre entièrement ces consultations pour les bénéficiaires éligibles - près de 14,3 millions de personnes en 2023. Même si le remboursement n’est pas encore généralisé ici, la plupart des pharmacies proposent la consultation gratuitement ou à un prix symbolique (souvent entre 10 et 20 €). Il ne faut pas hésiter à demander.
Comment demander une consultation ?
Il n’y a pas de formulaire à remplir ni de rendez-vous compliqué. Voici comment faire :
- Allez à votre pharmacie habituelle. Préférez un moment où il y a moins de monde - le matin tôt ou en fin d’après-midi.
- Dites simplement : « Je voudrais une consultation médicamenteuse, s’il vous plaît. »
- Apportez tous vos médicaments - y compris les achats en ligne, les vitamines, les plantes et les produits en vente libre.
- Préparez une liste de vos questions : « Pourquoi je prends ce médicament ? », « Est-ce que je peux arrêter celui-là ? », « Y a-t-il un risque avec mon autre traitement ? »
- Ne partez pas sans un résumé écrit de ce qui a été discuté. Un bon pharmacien vous remettra un plan d’action, avec les changements proposés et les suivis à prévoir.
Les avantages réels, racontés par les patients
Les témoignages sont éloquents. Un patient sur Reddit a écrit : « Mon pharmacien a détecté une interaction entre mon anticoagulant et un supplément de gingembre que je prenais pour les articulations. Mon médecin n’avait jamais posé la question. » Un autre sur Trustpilot a dit : « Il m’a trouvé une alternative moins chère - j’économise 200 € par mois. »
Une étude menée dans 127 pharmacies a montré que 89 % des patients ont mieux compris leurs traitements après une consultation. Et 76 % ont dit qu’ils prenaient leurs médicaments plus régulièrement - ce qui réduit les risques de complications, d’hospitalisation et même de décès prématuré.
Les obstacles - et comment les contourner
Le plus grand problème ? Le temps. Dans les pharmacies très fréquentées, les pharmaciens n’ont souvent que 6 à 7 minutes par patient pour tout faire : vérifier les ordonnances, remplir les boîtes, répondre aux questions rapides. Mais une consultation de sécurité nécessite 15 minutes minimum.
Comment faire pour avoir le temps dont vous avez besoin ?
- Planifiez votre visite. Certains établissements proposent des créneaux dédiés aux consultations - demandez-le.
- Utilisez les services en ligne. Depuis la pandémie, 62 % des pharmacies proposent des consultations par visio. C’est pratique, surtout si vous avez du mal à vous déplacer.
- Appelez à l’avance. Dites que vous voulez une « revue complète de vos médicaments » - ça donne plus de poids à votre demande qu’un simple « j’aimerais parler ».
Et les pharmaciens ? Ils sont prêts
Depuis 2023, plus de 28 000 pharmaciens aux États-Unis ont obtenu une certification en gestion de la thérapie médicamenteuse. Ils sont formés pour identifier les interactions, lire les dossiers médicaux, et même proposer des ajustements de traitement - sous réserve de l’accord du médecin traitant.
En France, les choses évoluent. Des expérimentations sont en cours dans certaines régions pour permettre aux pharmaciens d’adapter les doses de certains médicaments (comme les antihypertenseurs) sans passer par le médecin. Ce n’est pas encore partout, mais c’est en marche.
Que faire après la consultation ?
Une consultation ne sert à rien si vous ne l’agissez pas. Voici ce qu’il faut faire :
- Relisez le plan d’action fourni par le pharmacien.
- Partagez les recommandations avec votre médecin traitant - surtout si un médicament doit être arrêté ou changé.
- Conservez le document. Il devient votre référence pour les prochaines consultations.
- Revoyez votre liste de médicaments une fois par an, ou à chaque changement de traitement.
- Si vous changez de pharmacie, apportez ce document avec vous. Il évite de tout recommencer à zéro.
La prochaine fois que vous irez chercher vos médicaments…
Ne vous contentez pas de signer le reçu et de partir. Posez la question. Dites : « Est-ce que je peux avoir une consultation pour vérifier que tout va bien avec mes traitements ? »
Vous n’êtes pas un patient difficile. Vous êtes un patient intelligent. Et votre pharmacien est le professionnel de santé que vous voyez le plus souvent - plus que votre médecin. Il connaît vos médicaments mieux que quiconque. Il peut vous sauver la vie. Il suffit de lui en donner l’occasion.
Jeanne Noël-Métayer
janvier 4, 2026 AT 14:34La gestion de la thérapie médicamenteuse (MTM) est un paradigme de soins centré sur le patient qui optimise l’adhésion thérapeutique en réduisant la polymédication et les interactions pharmacologiques. L’analyse pharmacothérapeutique systématique, validée par des études de cohorte multicentriques, démontre une réduction significative des événements indésirables graves (EIG), avec un nombre nécessaire à traiter (NNT) de 5,3 pour éviter un hospitalisation liée aux médicaments.
La France, en retard sur les modèles anglo-saxons, doit impérativement intégrer ce service dans le parcours de soins coordonnés, avec un remboursement au titre de l’acte de soins, pas comme un luxe. Le pharmacien, acteur de santé publique à part entière, doit être reconnu comme prescripteur adjoint dans les protocoles de prise en charge des maladies chroniques.
Antoine Boyer
janvier 4, 2026 AT 17:12Je tiens à féliciter l’auteur de ce post pour la clarté et la rigueur de son exposé. Il s’agit d’une initiative essentielle pour la sécurité des patients, particulièrement chez les personnes âgées et poly-pathologiques. La consultation en pharmacie n’est pas un simple service additionnel - c’est un pilier de la prévention médicamenteuse. Je recommande vivement à tous les professionnels de santé de sensibiliser leurs patients à cette pratique, et aux autorités de la rendre systématiquement remboursée.
fleur challis
janvier 5, 2026 AT 17:28Oh bien sûr, parce que les pharmaciens, eux, ont le temps de lire tous les livres de pharmacologie du monde, alors que les médecins, eux, sont juste des idiots qui prescrivent des trucs qui tuent. Et le gingembre ? Ah oui, bien sûr, le gingembre est un poison, comme l’aspirine, comme l’oxygène, comme l’eau. Vous savez quoi ? Je prends 17 médicaments, 9 suppléments, 3 tisanes et une cuillère de miel avec du vinaigre de cidre, et je vais demander à mon pharmacien s’il veut bien me dire si je suis encore vivant. Parce que visiblement, la médecine moderne, c’est juste une entreprise de peur vendue en flacon.
Alain Sauvage
janvier 5, 2026 AT 21:49Je suis infirmier depuis 18 ans, et j’ai vu des patients se faire hospitaliser pour des interactions que personne n’a vu - sauf un pharmacien qui a demandé : « Et vous prenez quoi d’autre ? » Ce n’est pas une question de budget, c’est une question de culture. On a appris à considérer la pharmacie comme un point de vente, pas comme un centre de soins. Il faut changer ça. Je conseille à tous mes patients de demander cette consultation - même s’ils n’ont que deux médicaments. Parce que la complexité, c’est ce qu’on ne voit pas.
Nicole Frie
janvier 6, 2026 AT 04:42Et vous croyez vraiment que les pharmaciens ont le temps de faire ça ? Vous avez déjà vu une pharmacie en France à 16h ? C’est un champ de bataille avec 12 personnes qui crient pour leurs antibiotiques, des bébés qui pleurent, et un pharmacien qui fait 3 choses en même temps en criant « ça va venir ! ». C’est pas un spa, c’est un zoo. Et vous voulez qu’il vous fasse un rapport de 20 pages sur vos vitamines ? Sérieusement ?
vincent PLUTA
janvier 7, 2026 AT 18:47Je suis pharmacien depuis 2003, et j’ai fait plus de 4 000 consultations MTM. Je peux vous dire une chose : 90 % des patients ne savent pas pourquoi ils prennent leur médicament. Certains prennent des diurétiques pour la tension, mais croient que c’est pour « perdre du poids ». D’autres prennent deux anti-inflammatoires en même temps, sans savoir qu’ils risquent une ulcère. J’ai sauvé des vies en disant simplement : « Attendez, on va regarder ça ensemble. »
Je ne demande pas un salaire plus élevé - je demande juste qu’on me laisse 15 minutes par patient. Et si vous ne me le donnez pas, je vous le donne en plus, en dehors de mon temps de travail. Parce que je ne peux pas regarder un patient mourir parce qu’on a oublié de poser la question.
Clio Goudig
janvier 8, 2026 AT 07:36Ça fait 10 ans que je lis ce genre d’articles. Et chaque fois, c’est la même chanson : « Demandez à votre pharmacien ! » Comme si c’était la solution à tout. Et pourtant, les pharmaciens, eux, ne sont pas plus compétents que les généralistes. Juste plus disponibles. Et les « consultations » ? Des prétextes pour vendre des compléments alimentaires. Je vous le dis : tout ça, c’est du marketing pour les laboratoires. Les vrais risques, c’est la pollution, les pesticides, les OGM. Pas un supplément de gingembre.
Dominique Hodgson
janvier 9, 2026 AT 12:30Les USA c’est pas la France on est pas des esclaves du système médical américain les pharmaciens veulent devenir des docteurs sans diplôme et les gosses de riches qui lisent des articles sur Reddit pensent que c’est la révolution mais en vrai on a besoin de médecins pas de vendeurs de pilules avec une blouse bleue
Yseult Vrabel
janvier 10, 2026 AT 12:46ARRÊTEZ DE LAISSER VOS VIEUX MOURIR PAR INATTENTION. VOUS CROYEZ QUE VOTRE MAMAN PREND SES MÉDICAMENTS PARFAITEMENT ? NON. VOUS CROYEZ QUE VOTRE PAPA NE PREND PAS DE DOLIPRANE EN PLUS DE SON ANTICOAGULANT ? NON. VOUS CROYEZ QUE VOTRE TANTE NE PREND PAS DU TURMÉRIQUE POUR « DÉTOXIFIER » ? NON. ET POURTANT, VOUS VOUS CROYEZ INTELLIGENT PARCE QUE VOUS LISEZ DES ARTICLES SUR REDDIT. ET SI VOTRE PROCHIN MOURAIT DEMAIN PARCE QUE PERSONNE N’A ASKÉ ?
ALLEZ À LA PHARMACIE. MAINTENANT. PAS DEMAIN. PAS QUAND VOUS AUREZ LE TEMPS. MAINTENANT. PARCE QUE VOTRE VIE - ET LES VIES DES VOTRES - NE PEUVENT PAS ATTENDRE. ET SI VOUS N’OSERZ PAS ? ALORS VOUS N’ÊTES PAS UN FILS OU UNE FILLE. VOUS ÊTES UN TÉMOIN.