Vous avez commencé un nouveau traitement et vous sentez soudainement toujours affamé, ou au contraire, vous n’avez plus faim du tout ? Ce n’est pas juste une question de volonté. Des milliers de personnes vivent cela chaque année à cause de médicaments courants - antipsychotiques, antidépresseurs, insuline, ou même des antihistaminiques. Ces changements d’appétit ne sont pas des accidents : ils sont programmés par la chimie du corps. Et ils peuvent avoir un impact profond sur votre santé, votre estime de soi, et même votre traitement à long terme.
Comment les médicaments modifient votre faim
Votre appétit n’est pas contrôlé par un simple bouton dans votre cerveau. Il est régulé par un réseau complexe de neurotransmetteurs, d’hormones et de récepteurs. Certains médicaments touchent directement ces systèmes. Par exemple, les antipsychotiques comme l’olanzapine augmentent les niveaux de ghréline, l’hormone de la faim, de 15 à 20 % en seulement quatre semaines. Cela explique pourquoi tant de patients décrivent une sensation de faim constante, même après avoir mangé.
Les antidépresseurs agissent différemment selon la durée du traitement. Au début, certains comme la paroxétine réduisent l’impulsivité et augmentent la sensation de satiété. Mais après plus d’un an, les récepteurs de la sérotonine s’adaptent. Résultat : une envie irrésistible de sucres et de glucides raffinés - un phénomène observé chez 35 % des patients à long terme.
À l’inverse, des médicaments comme la bupropion ou le topiramate réduisent l’appétit en bloquant la recapture de la noradrénaline et de la dopamine. Le topiramate, par exemple, fait perdre en moyenne 3 à 5 kg en six mois à 60 % des utilisateurs. Ce n’est pas un hasard : c’est un effet pharmacologique mesurable, et il est parfois utilisé intentionnellement pour contrer les effets d’autres traitements.
Quels médicaments font grossir - et lesquels font maigrir
Il n’y a pas de règles universelles, mais des tendances claires selon les classes de médicaments.
- Antipsychotiques de deuxième génération : olanzapine, rispéridone, quetiapine. Ce sont les plus lourds en termes de prise de poids. L’olanzapine peut entraîner une augmentation de 4 à 6 kg en 10 semaines. Jusqu’à 10 % des patients gagnent plus de 7 % de leur poids corporel en trois mois.
- Antidépresseurs : mirtazapine est le plus à risque - 40 % des utilisateurs prennent plus de 7 % de leur poids en six mois. En revanche, la bupropion peut même faire perdre du poids.
- Médicaments pour le diabète : l’insuline et les sulfonylurées font grossir, en moyenne 2 à 4 kg en six mois. Le metformin, lui, fait perdre 2 à 3 kg.
- Antihistaminiques : comme la diphenhydramine (utilisée pour les allergies ou le sommeil), ils stimulent l’appétit en agissant sur les récepteurs de l’histamine. 10 à 15 % des utilisateurs prennent du poids.
- Bêta-bloquants : comme le propranolol, ils entraînent une prise de poids modeste, de 1 à 2 kg, chez 15 % des patients.
Le topiramate reste une exception remarquable : c’est l’un des rares médicaments prescrits pour faire maigrir, et il est parfois utilisé en combinaison avec des traitements qui font grossir.
Le poids n’est pas qu’une question de calories
Beaucoup pensent que prendre du poids signifie simplement manger trop. Ce n’est pas vrai ici. Les médicaments modifient la manière dont votre corps stocke les graisses, retient l’eau, ou brûle les calories. L’insuline, par exemple, favorise le stockage du glucose sous forme de graisse. Les antipsychotiques ralentissent le métabolisme de base. Cela signifie que même si vous mangez la même quantité qu’avant, votre corps change de fonctionnement.
Une étude de l’URMC Rochester montre que 80 % de la prise de poids liée aux médicaments se produit dans les six premiers mois. Ce n’est pas une accumulation lente. C’est un changement rapide, souvent invisible au début - une ceinture plus serrée, un pantalon qui ne ferme plus, un tour de taille qui augmente de 3 cm sans raison apparente.
Comment gérer ces changements - sans arrêter votre traitement
Arrêter votre médicament n’est pas la solution. Cela peut provoquer des rechutes, des symptômes de sevrage, ou même des complications graves. La bonne nouvelle : il existe des stratégies efficaces, validées par la recherche, pour limiter les effets secondaires sans sacrifier l’efficacité du traitement.
- Surveillez votre poids régulièrement : l’Endocrine Society recommande de mesurer votre IMC et votre tour de taille tous les trois mois dès le début du traitement. La plupart des gains se produisent tôt - détecter un changement de 2 kg dès la deuxième semaine permet d’agir avant qu’il ne devienne un problème.
- Adoptez des collations protéinées : Harvard Health recommande de consommer 15 à 20 g de protéines toutes les 3 à 4 heures. Cela stabilise la glycémie et réduit les pics de faim de 40 %. Un yaourt grec, un œuf dur, ou une poignée de noix font l’affaire.
- Remplacez les glucides raffinés : les pains blancs, les pâtes, les céréales sucrées provoquent des baisses rapides de sucre dans le sang, qui déclenchent la faim. Remplacez-les par des céréales complètes, des légumineuses, ou des légumes. Les utilisateurs rapportent que cela augmente la sensation de satiété de 45 minutes par repas.
- Préparez vos repas à l’avance : une étude du NIH montre que préparer deux fois par semaine vos repas réduit l’apport calorique quotidien de 200 calories en moyenne. Cela évite les choix impulsifs quand la faim est intense.
- Pratiquez la pleine conscience alimentaire : manger sans distraction (pas de téléphone, pas de télé), lentement, en savourant chaque bouchée, réduit la taille des portions de 15 à 20 % sans augmenter la sensation de faim.
- Pratiquez une activité physique résistante : deux à trois séances de musculation par semaine augmentent la masse musculaire de 1 à 2 % par mois. Cela élève votre métabolisme de base de 50 à 100 calories par jour - ce qui équivaut à perdre 2 à 3 kg par an sans changer votre alimentation.
Et n’oubliez pas : boire un verre d’eau 20 minutes avant les repas réduit la consommation calorique de 13 % en moyenne, selon des témoignages de plus de 200 patients.
Quand parler à votre médecin
Si vous prenez du poids rapidement - plus de 2 à 3 kg en un mois - ou si vous perdez soudainement tout appétit, parlez-en à votre médecin. Ce n’est pas une faiblesse. C’est une information essentielle pour ajuster votre traitement.
Il existe des alternatives plus neutres en poids : le vortioxetine, un antidépresseur récent, ne fait gagner que 0,5 kg en six mois contre 2,5 kg pour les ISRS classiques. La nouvelle combinaison Auvelity (dextrométhorphane/bupropion) ne fait gagner que 0,7 % du poids corporel en moyenne. Et en recherche, des molécules comme KarXT, en phase 2, montrent une prise de poids de seulement 0,4 kg contre 3,2 kg pour l’olanzapine.
Les médecins sont de plus en plus conscients de ce problème. En 2022, 65 % des médecins généralistes vérifient systématiquement la prise de poids lors des suivis - contre 35 % en 2015. Votre médecin peut aussi vous orienter vers un nutritionniste ou un psychologue spécialisé en comportement alimentaire.
Les histoires qui changent tout
Sur Reddit, des milliers de personnes partagent leurs expériences. Une femme a pris 13,5 kg en quatre mois sur quetiapine. Elle a changé pour la bupropion. En six mois, elle a perdu 6,8 kg sans rechute dépressive. Un autre patient, sous olanzapine, a eu une faim constante. Il a commencé à manger uniquement des légumes et des protéines, à préparer ses repas à l’avance, et à marcher 30 minutes après chaque repas. Il a perdu 5 kg en trois mois.
Ces histoires ne sont pas des miracles. Ce sont des ajustements concrets, basés sur la biologie, pas sur la volonté. Elles montrent que vous n’êtes pas impuissant.
Un avenir plus sûr
La science progresse. L’FDA exige maintenant des données détaillées sur la prise de poids pour toute nouvelle molécule psychiatrique. Des tests génétiques identifient des personnes à risque élevé de prise de poids avant même de commencer un traitement. Des applications comme Noom, qui combinent coaching personnalisé et suivi comportemental, atteignent 45 % de satisfaction chez les patients sous médicaments à risque - contre 28 % pour les méthodes classiques.
Le futur ne sera pas seulement de trouver un médicament qui guérit, mais un médicament qui guérit sans vous changer. Et vous avez déjà plus de pouvoir que vous ne le pensez.
Pourquoi certains médicaments augmentent-ils l’appétit alors que d’autres le réduisent ?
Cela dépend de la cible chimique du médicament. Certains agissent sur les récepteurs de la sérotonine, de la dopamine ou de l’histamine dans l’hypothalamus, la région du cerveau qui régule la faim. Par exemple, l’olanzapine augmente la ghréline (l’hormone de la faim), tandis que la bupropion bloque la recapture de la noradrénaline, ce qui réduit la sensation de faim. Ce n’est pas un hasard : c’est une action pharmacologique délibérée, et parfois même utilisée à des fins thérapeutiques.
Est-ce que je vais forcément grossir si je prends un antidépresseur ?
Non. Tous les antidépresseurs ne font pas grossir. La mirtazapine et la paroxétine sont associées à une prise de poids, mais la bupropion et la vortioxetine ont peu ou pas d’effet sur le poids. Le risque dépend du médicament, de la dose, et de la durée du traitement. Il est possible de choisir un antidépresseur adapté à vos objectifs de santé globale, y compris le maintien d’un poids stable.
Puis-je perdre du poids en augmentant mon activité physique seul ?
L’exercice est utile, mais il ne suffit pas toujours. Les médicaments comme l’insuline ou les antipsychotiques modifient votre métabolisme de base. Même avec une activité régulière, vous pouvez continuer à prendre du poids si votre alimentation n’est pas adaptée. La combinaison de régime alimentaire ciblé, de collations protéinées et d’activité physique résistante donne les meilleurs résultats - et les études le confirment.
Combien de temps faut-il pour voir un changement après avoir modifié mon alimentation ?
Les changements alimentaires commencent à avoir un effet en 2 à 4 semaines. La stabilisation de la glycémie, la réduction des fringales et l’amélioration de la satiété se font sentir rapidement. La perte de poids visible (1 à 2 kg) apparaît généralement après 6 à 8 semaines, surtout si vous combinez alimentation et activité physique. La clé est la constance, pas la rapidité.
Est-ce que je dois arrêter mon traitement si je prends du poids ?
Absolument pas. Arrêter un médicament sans supervision médicale peut être dangereux : rechute, sevrage, ou aggravation de la maladie sous-jacente. La solution n’est pas d’arrêter, mais d’ajuster. Votre médecin peut changer de médicament, réduire la dose, ou vous accompagner avec des stratégies nutritionnelles et comportementales. Vous avez le droit de demander une alternative plus adaptée à votre corps.
Les suppléments ou les régimes « miracles » peuvent-ils aider ?
Non. Les compléments alimentaires, les jus détox ou les régimes extrêmes ne sont pas efficaces contre les effets pharmacologiques des médicaments. Certains peuvent même interagir avec vos traitements. La seule approche validée par la recherche est une alimentation équilibrée, riche en protéines et en fibres, associée à un suivi médical régulier. Ce n’est pas glamour, mais c’est la seule méthode qui fonctionne à long terme.
Tim Dela Ruelle
janvier 22, 2026 AT 19:28On peut pas juste dire que c’est la faute des médicaments ? J’ai vu des gens qui prenaient de l’olanzapine et qui mangeaient comme des voleurs, même en faisant du sport. La chimie, c’est une chose, mais la discipline, c’en est une autre. Et non, boire de l’eau avant de manger, ça va pas changer grand-chose si t’as une ghréline qui fait du 100 km/h.
Arsene Lupin
janvier 24, 2026 AT 06:15Encore un article qui fait peur avec des chiffres mais qui omet le plus important : les gens qui prennent ces médicaments sont souvent déjà en situation de vulnérabilité. Et maintenant on leur dit qu’ils doivent devenir des chefs de cuisine et des bodybuilders en plus de gérer leur dépression ? Génial. J’adore quand la médecine transforme des problèmes de santé mentale en épreuves de régime.
mathieu ali
janvier 25, 2026 AT 14:07Oh mon dieu, un autre gourou qui nous dit que la solution c’est de manger des protéines et de marcher après le repas. J’ai 45 ans, je prends de la mirtazapine depuis 3 ans, et je viens de perdre mon mari. Tu veux que je prépare mes repas à l’avance ? J’ai pas la force de me lever le matin, encore moins de compter les grammes de protéines. C’est pas un problème de volonté, c’est un problème de vie.
Manon Friedli
janvier 27, 2026 AT 03:28Je suis une ancienne patiente de l’insuline et j’ai perdu 8 kg en 4 mois en changeant juste mes habitudes. Pas de régime extrême, juste des légumes, des œufs, et une marche de 20 min après le dîner. Personne ne m’a dit que c’était possible. Merci pour cet article, ça fait du bien de voir que c’est pas moi qui suis faible.
Nathalie Vaandrager
janvier 28, 2026 AT 15:45Je trouve que cet article est extrêmement bien documenté, mais il manque un point crucial : la relation entre le sommeil et les changements d’appétit. Les antipsychotiques et les antihistaminiques perturbent profondément le cycle du sommeil, et un sommeil de mauvaise qualité augmente la ghréline, diminue la leptine, et crée une boucle vicieuse où tu as faim tout le temps même si tu dors 10 heures. C’est pas juste la nourriture, c’est le repos. Et si tu ne dors pas bien, aucune protéine au monde ne va t’aider. J’ai vu ça chez 3 patients en 2 ans. Le médecin ne regarde jamais l’horloge biologique, seulement la balance.
Olivier Haag
janvier 29, 2026 AT 18:23tu as oublié le topiramate j'espere que tu sais que c'est un truc de fou ca fait perdre 10kg en 3mois mais ca te fait perdre la memoire aussi genre j'ai oublié ou j'ai mis mes clés hier et j'ai pas pu retrouver mon téléphone pendant 3 jours et je suis pas fou j'ai juste pris ce truc pour ma migraine et maintenant je suis une personne différente et je suis content mais j'ai pas de souvenirs de l'année dernière et je suis pas sur que ca vaille le coup
Colin Cressent
janvier 31, 2026 AT 10:40Il faut arrêter de tout expliquer par la chimie. Si on veut maigrir, on maigrit. Point. Les gens qui prennent du poids, c’est qu’ils ne contrôlent pas leur assiette. La science ne change pas la loi de la thermodynamique.
Alexandre Z
février 1, 2026 AT 05:54La vérité ? Tous ces médicaments sont des bombes à retardement. On te donne un truc pour calmer ton cerveau, et en échange, tu deviens une boule de graisse qui pue la peur et les chips. Et puis on te dit « fais du sport » comme si t’étais un robot qui peut être réparé avec un peu de sueur. J’ai vu des gens se détruire pour rester « normaux ». Le système est malade, pas nous.
Yann Pouffarix
février 3, 2026 AT 00:52Je suis sous quetiapine depuis 5 ans, j’ai pris 27 kg. J’ai tout essayé : les protéines, les légumes, la marche, le jeûne intermittent, les applications, les coachs, les médecins. Rien. J’ai changé de médicament, j’ai eu des rechutes. Je suis maintenant en thérapie comportementale, et je vis avec mon corps. Je ne me bats plus contre lui. Je l’accepte. Et ça, c’est la seule chose qui m’a apaisé. Ce n’est pas une solution, mais c’est une paix.
Alexandre Masy
février 3, 2026 AT 08:30Les recommandations sont trop générales. Chaque patient est différent. Une approche standardisée ne peut pas fonctionner pour des pathologies aussi complexes. Il faudrait des protocoles individualisés, validés par des études longitudinales. Ce que vous proposez ici, c’est du marketing de santé, pas de la médecine.
Marie Jessop
février 4, 2026 AT 02:58En France, on ne parle jamais de ça. On nous dit « mange moins » comme si on était des enfants. Mais personne ne parle des effets réels des médicaments. Moi, j’ai vu des gens se suicider parce qu’ils avaient peur de leur propre corps. Et vous, vous leur dites de manger des noix. C’est une insulte.
Xavier Lasso
février 5, 2026 AT 09:06Je suis médecin et je vous dis : vous n’êtes pas seuls. J’ai un patient qui a perdu 12 kg en 6 mois en combinant bupropion + marche quotidienne + collations protéinées. Il était déprimé, il a retrouvé sa vie. C’est possible. Pas facile. Mais possible. Et si vous avez besoin d’un coup de main, je suis là. On peut faire ça ensemble 😊
Fleur D'Sylva
février 5, 2026 AT 21:02Il y a une beauté dans cette idée : la médecine ne devrait pas nous transformer en autre chose. Elle devrait nous aider à être nous-mêmes, même avec nos corps changés. Je ne veux pas guérir en devenant quelqu’un d’autre. Je veux guérir en restant moi. Et peut-être que ce n’est pas un échec, mais une réinvention.
Andre Esin
février 6, 2026 AT 06:19Je suis allergique aux antihistaminiques et j’ai pris 6 kg en 2 mois en prenant de la diphenhydramine pour dormir. J’ai arrêté, j’ai changé pour un traitement sans effet sur l’appétit, et j’ai perdu les 6 kg en 3 mois sans régime. C’est une question de chimie, pas de volonté. Et oui, votre médecin doit le savoir. Parlez-en. Sans honte.